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31 août 2016 3 31 /08 /août /2016 17:34

A la demande de certaines de mes amies et/ou collègues, je vous propose un petit compte-rendu de lecture ... A prendre pour ce que c'est, un avis, une impression et j'espère une émotion, rien de plus.

Je commencerai donc mes chroniques par un livre qui, à plusieurs titres, m'a profondément touchée, L'amie prodigieuse, d'Elena Ferrante.

Une petite fille, Léna, écrit, décrit, raconte sa vie et celle de son quartier dans le Naples des années 1960. On y découvre la pauvreté, l'école et le rôle de l'éducation, la mainmise de la famille Solara sur le quartier, le combat pour manger et pour vivre et surtout les difficultés du quotidien. Ce quartier constitue la toile de fond du récit qui est avant tout l'histoire de l'amitié entre deux petites filles Léna et Lila. Léna est blonde et posée. Lila est brune, maigre. Elle a une volonté farouche, une imagination et une violence qui fascinent Léna.

Au fil des pages, leur amitié, qui passait par des rires, des aventures, des bêtises, des petits défis et des grands rêves évolue. Une relation plus obscure se noue quand Léna et Lila deviennent adolescentes, mélange de complicité mais aussi de jalousie, de colères, d'abandons et de grands désarrois.

Le style d'E. Ferrante rend ce récit extrêmement émouvant car elle fait peu de descriptions. De même, il y a très peu de dialogues. Ce livre est une longue narration où les décors et les personnages ne nous sont connus que par ce qu'en comprend Léna. On ne lit donc pas cette histoire, on la ressent. Les mots sont crus, les images et les émotions vives. C'est parfois brutal et en même temps extrêmement tendre et très délicat.

Petit extrait :

"Nous avions dix ans, bientôt nous en aurions onze. Je devenais de plus en plus ronde ; Lila, elle, restait toute petite, elle était très maigre, légère et délicate.Tout à coup les cris cessèrent, et quelques instants plus tard mon amie vola par la fenêtre, passa au-dessus de ma tête et atterrit derrière moi, sur le bitume. Je restai bouche bée. Fernando se mit à la fenêtre, hurlant toujours d'horribles menaces à sa fille. Il l'avait lancée comme un objet.

Je la regardai consternée tandis qu'elle tentait de se relever et me disait avec une moue presque amusée : "je me suis même pas fait mal!"

Mais elle saignait et s'était cassé le bras.

L'histoire du quartier, de Léna et de Lila se poursuit dans le tome 2 Le nouveau nom.

A signaler aussi, du même auteur Les jours de mon abandon, un récit, entre gaz et vitriol, du désespoir d'une femme, plaquée par son mari (à lire cependant les jours de grand beau temps car c'est très beau mais aussi franchement rude).

See you bientôt

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Published by Marpple
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